Les petits Articles Pédagogiques de Méandres Musicaux – N°39 : Comment pétrir le son ?

Il est important de s’occuper du devenir de chaque note émise mais le faisons-nous toujours, préoccupés que nous sommes par notre texte et notre « technique » ?

Je vous propose, pour affiner votre oreille et votre ressenti, de jouer d’abord deux cordes à vide de votre violoncelle en les projetant assez loin et de simplement dans un premier temps écouter pendant combien de temps vous pouvez entendre leurs résonances.

Et tout d’abord, résonnent-elles aussi longtemps l’une que l’autre ?

Quelle est celle que vous percevez le plus longtemps ?

Suivez-là jusqu’au bout sans rester physiquement passif : il faut que vous ayez envie de l’accompagner pour qu’elle sonne encore un peu plus loin et un peu plus longtemps.

Refaites cette expérience et maintenant soyez attentif à l’onde que chacune des notes produit dans l’espace. Quelle est son dessin ? Et puis, cette ligne, ou cette arabesque, est-elle la même pour les 2 cordes ou bien est-elle particulière à chacune? Vous pouvez avoir l’impression que l’une des cordes dessine des sortes de vagues ou des tourbillons et que l’autre présente un chemin plus droit par exemple. Essayez de vous représenter le mieux possible ces mouvements. Sentez combien ils sont palpables.

Vous pouvez également rejouer encore cette quinte en étant sensible maintenant à ce qu’elle produit dans votre corps de la même façon que dans l’espace. Où cela vous touche-t-il ?

Bien sûr l’expérience ne sera pas tout à fait la même avec deux autres cordes … Essayez aussi.

Dès que vous jouez, et encore plus lorsque vous jouez à plusieurs, ces ondes, particulières à chaque son , à chaque intervalle et au contexte musical dans lequel vous jouez, vont se développer et il est de votre devoir de les rendre sensibles.

Lorsque vous êtes en solo, le travail est le même car, par sympathie, les cordes sur lesquelles vous n’êtes pas en train de jouer vibrent et s’expriment.

Vous ne devez jamais jouer de votre instrument sans avoir le désir de produire ces mouvements qui irradient autour de votre instrument et qui rendent votre son riche et hypnotisant. Chaque son doit apporter quelque chose à l’espace, à votre corps, à votre violoncelle et au corps de celui qui vous écoute … même s’il n’est pas là aujourd’hui …. (souvenez-vous du petit article pédagogique N°24 : « pour qui joues-tu ?».

meandresmusicaux.fr