Les Petits Articles Pédagogique de Méandres Musicaux- N° 41 : Le son vivant et le corps content.

Comment faire des nuances avec notre instrument, des pleins et des déliés dans le son qui nous rendent souples, satisfaits et ne nous fatiguent pas ?

Voici une façon de trouver la solution :

Desserrer un tout petit peu votre pique, juste pour que en appuyant assez fort sur votre violoncelle, elle rentre dans l’instrument.

Installez-vous normalement, sans votre archet, et essayer effectivement de faire descendre cette pique en conscientisant avec quelle(s) partie(s) du corps vous poussez sur le violoncelle. Vous allez sans doute constater que c’est votre buste entier qui appuie, que votre tête reste dans le prolongement de votre colonne vertébrale et que celle-ci n’a pas envie de s’arrondir.

Évidemment, il faut trouver aussi le bon moyen pour que le violoncelle ne remonte pas sur votre sternum vers votre menton : il doit conserver souplement sa place première.

A présent, alors que vous avez resserré votre pique puisque vous avez compris la direction de cette poussée, mettez vos 2 mains à plat sur le haut de la table de votre instrument, de chaque côté de la touche. Recommencez à pousser comme si vous vouliez à nouveau agir sur votre pique. Remarquez que vos bras et vos mains réagissent à cette poussée de façon à ce que le violoncelle reste stable. Ils deviennent plus toniques et ce n’est pas la même sensation musculaire que celle que l’on utilise quand on veut appuyer sur l’archet et la corde ou pour faire des notes à gauche : ici les bras font juste contre-poids à la poussée de votre buste et de votre violoncelle et il se trouve que cela vous demande beaucoup moins de tension. Les bras aiment bien faire ça et ne cherchent pas à forcer.

Petit à petit trouvez les mouvements assez minimalistes du buste qui feront réagir vos bras.

Sentez que vous et votre instrument faites vraiment un tout, stable, agréable et un peu dansant.

Vous pouvez faire une poussée vers la pique mais aussi une poussée un peu à droite ou un peu à gauche, ou un peu vers le haut…. Vous deux ne faites plus qu’un et votre corps peu alors trouver une place et une sensation plus agréable en lien avec le violoncelle. Vous êtes un duo. Votre buste d’un côté et vos mains de l’autre prennent gentiment en sandwich votre violoncelle.

Maintenant, prenez votre archet et posez-le sur une corde et laissez la main gauche sur la table. Vous allez vraisemblablement avoir la même sensation dans votre bras droit que précédemment : il n’appuie pas, il réagit à une poussée du violoncelle et du buste. Votre main droite aura moins l’envie de serrer la baguette. Sentez à nouveau comme vous êtes stable et dans le confort.

Faites ensuite un son pour écouter comme celui-ci va devenir vivant sans effort si vous agissez avec une poussée. ( la main gauche toujours sur la table). D’abord juste en tirant et en faisant un crescendo (c’est à dire une poussée de votre buste de plus en plus nette vers la pique). Puis, comme dans la partie précédente, en dansant avec votre instrument avec des poussées dans différentes directions et sur plusieurs longueurs d’archet bien legato. Cherchez le son respirant et vivant grâce à l’envie de votre buste en lien avec l’instrument. Le violoncelle est toujours bien stable sur votre sternum mais, à vous deux, vous pouvez aller où vous voulez du moment que vous restez ensemble ! Sentez que votre bras droit et réactif plutôt qu’actif.

Laissez maintenant votre archet, remettez la main droite sur la table et faites avec votre main gauche un 2e doigt en 4e position sur la corde de Sol ou Ré. Recommencez la poussée et sentez que votre côté gauche va réagir exactement de la même façon que votre côté droit précédemment : Il va faire lui aussi une contre-poussée et cela vous évitera de penser qu’il faut appuyer le doigt -ou les doigts- pour faire une note. De plus votre pouce va peut-être enfin comprendre qu’il n’est pas concerné par tout cela et il va sans doute cesser de faire une belle pince bien inutile.

Vos deux mains et vos deux bras agissent avec l’instrument en fonction de la poussée de votre buste et c’est confortable.

Il ne vous reste plus qu’à essayer ce 2e doigt avec l’archet et de prendre plaisir à ce confort et à ces sons mobiles, ronds et résonnants.

Essayer ensuite toutes les formules que vous voulez : un changement de position, un bout de gamme liée en première position en doubles croches, des bariolages.. Sentez toujours l’action de votre buste contre le cello. Il doit un peu précéder n’importe quelle action (anticiper ce que vous voulez faire) pour que tout se mette en place en souplesse. Et cela fonctionne bien si vos intentions sont claires et enthousiastes. (En fait, on en revient toujours là!)

Votre corps doit toujours rester vivant il n’est jamais figé, même pendant les silences.. surtout pendant les silences… Il danse une sorte de tango, corps à corps, avec son partenaire le violoncelle.

Le son produit ainsi vous plaira, j’en suis sûre… Essayez dorénavant de ne jouer qu’avec ce principe !

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